Lenny, grand Américain blond à la tête avenante mais archi-solitaire, s'est installé en Suisse alémanique pour profiter de l'escalade et du ski. Il préfère les étrangers dont il ne parle pas la langue, afin de conserver sa sacro-sainte paix. La lectrice et le lecteur apprennent vite qu'il fuit son pays pour éviter d'être enrôlé dans la guerre du Vietnam, ce qui explique d'autant mieux qu'il n'aime pas les questions qui peuvent vite s'avérer gênantes.
Pour ainsi dire, il se désengage de tout, de tout engagement et de presque tout rapport humain. Ce roman très politique montre le poids potentiel des guerres injustes sur l'existence des ressortissants nationaux concernés, leur caractère éventuellement désocialisant. L'auteur décide d'en montrer un exemple extrême, afin de raisonner par l'absurde et d'inviter à réfléchir sur l'engagement, sur le sens du civisme, sur le lien à son propre Etat. Il y va fort, mais c'est intéressant.