Depuis quand n’ai-je pas été bluffé par un thriller/polar ? Cela fait tellement longtemps que je ne sais même plus, et ce n’est pas Am Stram Gram, le premier roman de M.J. Arlidge – publié en 2015 dans notre pays –, qui va changer la donne. Sans être mauvais, ce roman contient malheureusement tous les passages obligés et poncifs inhérents au genre. Résultat des courses ? Ce livre est tout juste bien alors qu’il aurait pu/dû être très bien.
Commençons par ces poncifs qui font tant de tort au bouquin. Les flash-back réguliers sur l’enfance de la tueuse pour expliquer pourquoi elle est aussi méchante (parce que !), c’est cliché et on s’en fout. Son père était un vil alcoolique qui battait sa mère et abusait d’elle… Comme toujours, quoi. Quel est donc l’intérêt de gaspiller des pages et encore des pages pour nous exposer quelque chose que l’on voit venir cent lieues à la ronde ?
Et puis, ce penchant masochiste de l’enquêtrice principale qui pense expier ainsi son passé et qui estime ne rien mériter de mieux, tant elle a une bien piètre opinion d’elle-même, franchement, ça serait presque risible si ce n’était pas aussi pathétique et oiseux. C’est dommage, vraiment, car si on expurge le roman de ces scories, nous avons affaire à un bon polar qui tient le lecteur en haleine grâce à une intrigue nerveuse et à des rebondissements intelligents et crédibles ; un polar qui se lit aussi goulûment que se déguste une bonne bière en terrasse un jour de grande chaleur.