La glandouille et son apologie sont à la mode pour les 20/40 ans. Les premiers s'y reconnaissent justifiés avec bonheur, les seconds en vibrent de nostalgie pour le rêve perdu d'un paradis de paresseux nantis.

"Anthropologie", le bien nommé, expose une humanité vaine dans ses aspirations comme dans ses actes de bobos évaporés.

Ce n'est pas sans rappeler "Les choses". Mais là où Georges Pérec expose un cancer social de la consommation, Aysegül Savas déroule la vanité du quotidien d'une population d'héritiers, de consommateurs pseudo actifs. Peut-on se permettre de rester étudiant toute sa vie, au prétexte d'être des artistes en analyse de son nombril dans une société qu'on ne contribue pas à construire, tout en prétendant en faire la caricature ?

Nombre de lecteurs.e.s s'y trouveront justifié.e.s dans leur vie sociale errante, à l'abandon de toute morale au goût du jour dont iels croiront pouvoir faire leur originalité propre. Des personnalités de coton érigées sur des brumes de rêves adolescents.

Ce type de reconnaissance est-il ce dont une société et ses membres ont besoin ?

Toute reconnaissance de cet exposé en procrastination, en tant que forme de vie acceptée et cultivée, est profondément immorale : l'individualisme érigé en projet individuel, abrité dans une société amniotique mère, sans projet de société ?

Confortablement lâche dans l'intention. Destructeur et suicidaire dans les actes.

Alors, si cette analyse anthropologique par la mise bout à bout, atomisés, deces menus détails de vies de chien crevé au fil de l'eau, permet de mettre en lumière ce chancre de vanité d'un certaine société, Aysegül Savas n'aura pas perdu son temps. Les lecteurs non-plus.


Barbiraggio
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le 18 avr. 2026

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