Gaspard Kœnig vient tout juste de faire publier son nouveau roman basé là encore sur un élément (ici l'eau comme de toute évidence) après le succès de Humus. Je n'avais pas lu le premier volet de ce qui sera une tétralogie mais j'étais plutôt attiré par le sujet et plutôt convaincu par l'angle proposé, mélanger fiction et essai.
L'action se passe à Saint-Firmin, petit village de Normandie, irrigué par la Maline. Cette rivière aura une importance cruciale et sera au cœur de l'intrigue puisque la distribution de l'eau (autonomie ou raccordement avec le réseau global ?) sera l'un des enjeux et des thèmes centraux de l'élection municipale qui sert de démarrage au récit.
D'un côté nous avons Martin Jobard, dont l'oncle a été maire de Saint-Firmin, haut fonctionnaire à Paris (monsieur eau !) et qui veut revenir au pays pour prendre la mairie ; et de l'autre Maria, tenancière d'épicerie, roumaine d'origine et plus idéaliste et résistante dans l'âme.
Mais ce point de départ sert surtout à parler d'écologie, de la menace qui pèse sur notre monde, des différents moyens pour éviter ou retarder le plus possible le drame à venir avec un vocabulaire technique, méticuleux mais très intéressant. Sans être pédant, Gaspard Kœnig tente de parler du sujet de l'eau, son impact sur la nature et l'homme, sa gestion, sa distribution mais aussi d'agriculture, des contradictions de l'homme, de vie plus globalement !
C'est enrichissant et instructif et au moins on a jamais l'impression d'être pris pour un demeuré.
Cette introduction sert aussi à nous faire connaître les diverses personnalités de cette commune, bariolées pour le moins, qui ont presque toutes une petite sous intrigue qui leur est attachée.
C'est là que l'auteur se montre moins brillant, pour ma part, avec certaines péripéties qui allongent inutilement le roman (l'épisode avec les touristes chinoises par exemple), une analyse beaucoup moins convaincante du comportement humain (ou en tout cas plus classique et habituelle) et des redondances ou des apports nuls (pas dans le sens de mauvais mais qui n'apportent rien, entendons-nous).
Pour résumer plus simplement, la partie roman est moins originale, trop longue et fait que l'on s'ennuie très vite après 200 pages. Aqua aurait gagné à épurer son intrigue pour mieux mettre en valeur la connaissance de l'auteur, brillant dans son domaine. L'idée de mettre toute cette technicité dans la forme d'un roman n'est pas bête dans l'absolu mais l'exécution est trop lourde.
Dommage.