Au départ, je n'ai pas été trop fan de l'écriture, saccadée, sans respiration, rapide, détaillée mais labyrinbique ... Le stress est de la partie. Puis la sociologie des classes bourgeoises parisiennes, leurs histoires d'amour, la vie d'adulte enchaînée dans son pavillon et son p'tit boulot, de cadre stressé, en fait cela ne m'intéresse pas. A un moment on se dit que ce sera un polar, bon d'accord, pourquoi pas.
J'étais prête à bâcler ma lecture, et puis la partie 2 commence vers la 200ème page : on se retrouve dans les Pyrénées, on rencontre le frère, le paysage devient le premier rôle, la montagne aussi minérale que les humains, ne se laisse pas saisir sans efforts. Je rentre dans ce roman comme dans une série captivante , type la casa de papel, des flashs backs, haletant, on veut savoir la suite, on s'en fout de Camille, mais Thomas, qui est Thomas ...
Et puis le roman prend de l'épaisseur, on est loin d'un polar ou d'un roman sociologique : comment on se parle, qu'est-ce qu'on se dit, que donne t'on à l'autre, que garde t-on caché, qu'est-ce que la montagne sait ; des peaux peu à peu s'effritent, on arrive à l'os, le final est beau.
Vraiment de belles choses dans ce roman, mais le scénario aurait pu être plus précis dès le départ, à moins que les fausses pistes en rando ou dans nos vies fassent partie du voyage ?