Très très difficile d’écrire quelque chose à propos de ce roman, sans déflorer ce qui en fait la saveur… Jean Echenoz est un magicien des mots et de la narration. Son personnage central est un pianiste réputé qui va de concert en enregistrements de disques. Il est doué mais sujet à un trac incroyable qui l’incite à boire pour se détendre. D’autre part, le narrateur nous a prévenu de sa mort imminente. Mais ce n’est que pour mieux égarer le lecteur, car Echenoz est de ceux pour qui l’écriture est un jeu à pratiquer en prenant le lecteur comme partenaire. Un jeu auquel le lecteur attentif peut prendre pas mal de plaisir. Chez Echenoz, les phrases recèlent très souvent des rebondissements inattendus. Pas seulement des jeux de mots, mais aussi de situation, une façon de bien montrer au lecteur que ceci n’est qu’un jeu, mais que ce jeu mène le lecteur de surprise en surprise.
Le roman est divisé en trois parties qui présentent le personnage central dans trois ambiances bien distinctes où le lecteur comme le personnage doit observer chaque indice pour lui permettre de se repérer et d’évaluer les situations. Tandis que le protagoniste cherche à se situer dans un monde qui lui échappe perpétuellement, le lecteur se demande jusqu’où tout cela va aller. Il est question d’amour, d’aventure, de destin, d’audace ou non aux moments opportuns d’une vie, de ce qu’on peut imaginer après la vie et de ce que ce que peuvent être le purgatoire, l’enfer ou le paradis. L’enfer c’est les autres disait Sartre. L’interprétation d’Echenoz vaut le détour. Une lecture rapide, facile et agréable. Même si en refermant le livre, on peut se dire qu’on attendait peut-être un peu plus de l’aventure proprement dite. Encore que.
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