J’ai refermé Bien-être de Nathan Hill avec un sentiment partagé. C’est un roman incontestablement ambitieux, riche, intelligent — mais aussi, à mes yeux, beaucoup trop long.
L’histoire suit un couple sur plusieurs décennies, disséquant l’amour, le mariage, les illusions personnelles et les récits que l’on se construit. Sur le plan psychologique, c’est fin et souvent pertinent. Certaines analyses sur notre époque — le développement personnel, les biais cognitifs, les réseaux sociaux, la quête du “bien-être” — sont très justes et parfois même brillantes.
Mais voilà : le roman s’étire. Beaucoup. Les digressions sont nombreuses, parfois passionnantes, parfois franchement redondantes. J’ai eu l’impression que l’auteur voulait tout dire, tout analyser, tout démontrer — au risque de diluer l’émotion et la tension narrative. Là où le propos aurait gagné en force avec 150 pages de moins, il choisit l’expansion permanente.
Cela dit, je reconnais la maîtrise de la construction et la profondeur des personnages. C’est un livre exigeant, qui demande patience et endurance.
En résumé : une fresque contemporaine brillante par moments, mais qui aurait gagné à être resserrée.