Intituler son roman Brève histoire de sept meurtres quand ce dernier se trouve être un pavé de 850 pages n'est pas dénué d'ironie. Et moi, l'esprit, ça me plait ! Dans ce roman-fleuve donc, mais également polyphonique – de très nombreux narrateurs prennent la parole – l'auteur jamaïcain nous convie à une plongée en apnée dans l'histoire de son pays. Se servant d'un postulat réel – à savoir la tentative d'assassinat sur la personne de Bob Marley, l'icône nationale rasta, en 1976, événement que l'auteur romance de sa préparation jusque dans les suites qu'il engendre sur plusieurs décennies –, Marlon James dresse un constat cinglant mais réel des vicissitudes que l'île caraïbe a dû affronter et interroge sur les questions du pouvoir, de l'argent, de la politique et de la violence.
Dialogues incisifs, personnages magnifiques, écriture rythmée sont les credo de ce roman. Mais malgré cela, et même si j'ai avalé ce pavé en une petite semaine à peine, sans aucune difficulté ni lassitude, je dois bien avouer qu'il ne m'a pas non plus captivé. Le talent est là, c'est indéniable, l'étude anthropologique est à saluer, assurément. Mais j'ai trouvé l'histoire par trop diffuse, un brin nébuleuse, pour pouvoir en apprécier toutes les subtilités ; le (trop ?) grand nombre de narrateurs – plus de soixante-dix – n'est certainement pas étranger à cette impression.
Un livre qui se lit vite et facilement, mais dont je ne garderai pas un souvenir impérissable.