Cabane fictionnalise le rapport meadows, ici rebaptisé rapport Dundee, et suit la trajectoire des quatres scientifiques en étant à l'origine. Le sujet est de montrer l'humanité courant à sa perte en refusant de voir les avertissements, ou croyant que le marché y pourvoiera. Un sujet en or.
Seulement voilà...
Ce qui est curieux avec Cabane, c'est qu'il y a deux écritures très différentes. Pendant 200 pages c'est une écriture prétentieuse, assez insupportable à lire, c'est tout simplement très mal écrit malgré les prétentions de l'auteur.
Comment ça j'ai écrit deux fois la même chose en une ligne? Si vous souhaitez lire ce livre, vous feriez mieux de vous habituer. Les répétitions, parfois au sein de la même phrase, ce n'est pas ce qui manque, et cela concourt à faire de Cabane un roman de 500 pages. Il aurait fallu élaguer. Ajoutons à cela des dialogues qui manquent parfois tellement de naturel qu'on se demande si ce sont réellement des dialogues. Et cette fameuse structure ternaire dont beaucoup se plaignent aujourd'hui, et c'est vrai qu'en lisant ce roman, je ne voyais plus que ça. Très très souvent on retrouve effectivement trois subordonnées, ou trois qualificatifs, et cela entretient une impression de lourdeur, si l'auteur a une bonne trouvaille, une formule percutante, une punchline (oui moi aussi je peux le faire), alors elle se perd dans la masse.
Et donc le pamphlet s'écroule sous son propre poids : dans Cabane, jamais vous ne vous indignerez face à ces industriels qui laissent le monde courir à sa perte. Jamais vous n'éclaterez de rire d'un bon mot. La satire est molle. Elle est trop sage. L'écriture se charge de tout recouvrir façon marée montante. Ah ça, elle est fluide, comme je l'ai lu dans d'autres critiques. Tellement fluide que rien n'en ressort, tout est noyé.
Eh oui, une fois n'est pas coutume, j'ai lu d'autres critiques avant d'écrire la mienne. Pourquoi cela? Tout simplement parce que quelque part dans les pages 200 et quelques, je me demandais si j'allais continuer ma lecture. Comme il n'y a que des critiques positives ici, je venais chercher le courage de continuer : qu'y avait-on trouvé que je ne voyais pas? Le sujet lui-même est passionnant, mais l'écologie est un sujet en vogue dans la littérature actuelle, il n'y a pas de quoi crier au génie, ni saluer une quelconque lucidité ou un supposé courage.
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J'ai donc continué. Et là, surprise, qui explique pourquoi ma note n'est pas la plus basse possible : lorsqu'on s'intéresse au mystérieux Gudsonn, on a l'impression qu'un auteur nouveau a pris la relève. L'écriture se fait efficace, les personnages mêmes ont l'air plus développés, et l'intrigue suit un fil rouge qui l'empêche de se disperser encore et encore. En fait, osons le dire, Cabane devient un bon roman. Malheureusement, c'est un peu tardif. La confiance envers l'auteur a eu le temps de se rompre, et alors on lit comme un inquisiteur, la plus petite faute de goût dans la ponctuation nous fait tiquer, ça y est, se dit-on, voilà que ça recommence. Et en fait non, jusqu'au bout c'est tout à fait lisible. Comme quoi.
J'avais prévu des citations du livre pour appuyer mon propos, mais ma critique est déjà assez longue comme cela. Rappelons à toute fin utile que le sujet n'est pas le livre. La fin est bien? La belle affaire, quand il a fallu avant d'y arriver lire un nombre de pages suffisant déjà à un roman, dans un style horripilant.