A cinquante-deux ans, Campbell Flynn, historien de l'art, vient de rencontrer un succès éditorial avec sa biographie consacrée à Vermeer. S'il est né dans un quartier populaire de Glasgow, Campbell est dorénavant bien installé avec sa femme, une cousine de la famille royale, dans le quartier chic de Thornhill Square. Mais il va bientôt se retrouver au cœur de la tourmente qui emporte son ami, Sir William Byre, un homme d'affaires peu scrupuleux. Durant l'année qui se déroule à partir de ce 20 mai 2021, le monde que connaissait Campbell va totalement être bouleversé.
Ce roman de 645 pages ne se laisse pas facilement apprivoiser. Mais une fois les premières difficultés passées il s'avère totalement addictif même s'il reste dense et touffu avec ces nombreux personnages qui interagissent entre eux.
On est tour à tour séduit, agacé, amusé par ce Campbell Flynn dépassé par tout ce qui se passe autour de lui et par ce monde qu'il pense maîtriser mais qu'il ne comprend plus réellement. Il est l'illustration parfaite de cette société qui se délite, une société dont il a absolument voulu faire partie mais qui, à présent, lui échappe totalement.
Autour de lui, ce n'est que cynisme, calculs, alliances bancales entre oligarques russes, hommes d'affaires, pairs du Royaume et artistes imbus d'eux-mêmes.
Andrew O'Hagan se plait visiblement à pousser Campbell dans des situations de plus en plus complexes, l'entraînant irrémédiablement vers une chute inéluctable à force de mauvais choix.
Alors, en effet, le roman aborde un nombre faramineux de sujets – la corruption, le drame des migrants clandestins et leurs exploitations par des entreprises sans scrupules, les liens entre médias et monde des affaires, l'influence des réseaux sociaux, l'expansion des cryptomonnaies, les questions de genre... et cela à travers un florilège de personnages dont les liens ne sont pas toujours faciles à retenir.
Mais le tout est tissé avec maestria et combine une bonne dose d'humour à une plume acérée produisant ainsi un roman d'une envergure exceptionnelle. Cela vaut vraiment le coup de s'accrocher au-delà des 100 premières pages !