Petit roman incisif qui glisse d’un personnage à l’autre, de lui à elle, d’elle à lui, pour gagner en intériorité et attraper le regard qu’il/elle pose sur l’autre – et à travers cet autre sur la société qui les compose.
Comme le veut la collection « court toujours », le texte est bref et percutant. Frustrant aussi ; l’histoire nous laisse (littéralement) sur le pas d’une porte, s’achève sur le début d’une histoire. Mais après ? N’est-ce pas plus mal de laisser imaginer cet après ? De laisser au lecteur se le composer ? Pourquoi sur-développer si, déjà, tout a été tracé ? Insa Sané pose efficacement les enjeux de chaque personnage, les regards biaisés, les carcans, enfermements, les bonnes volontés et les incompréhensions. Et puis, c’est bien les romans courts aussi, non ?