Les trois romans de Sandrine Collette lus précédemment contaient des intrigues singulières, intemporelles et sans repère géographique clairement identifié. A contrario, « Ces orages-là » se passe de nos jours en région parisienne et traite d’un thème très actuel : une jeune femme tente de se reconstruire après une relation hautement toxique avec son compagnon pervers narcissique.
Malgré l’incontestable nécessité de traiter du sujet comme il se doit sans faux-semblant et filtre qui amoindriraient le propos, l’écriture sombre et sèche de l’auteure, sans que je sache trop l’analyser, m’a moins convenu dans un tel contexte. On ne peut pourtant pas dire que la noirceur habituelle chez Sandrine Collette ne sert pas le portrait psychologique d’une femme détruite intérieurement. La souffrance est remarquablement bien retranscrite. Son obsession à l’encontre de son ex-bourreau, accompagnée de douleur et de terreur, souligne l’emprise malgré la distance physique. Le lecteur capte un début de clé pour en comprendre le mécanisme.
Pour finir, je ne suis pas fanatique de l’épilogue qui m’est apparu en décalage avec le reste du roman. Il a pourtant l’avantage de nous rappeler que Sandrine Collette est avant tout une auteure de thrillers.