Il y a près de vingt ans que je n’avais plus ouvert un livre de Marc Lévy mais j’ai craqué pour son dernier. Non parce que j’ai soudain éprouvé des remords devant son impressionnante bibliographie mais tout simplement parce que pour une fois, le sujet qu’il traitait m’intéressait.
Je n’ai pas eu l’impression qu’en 20 ans l’écriture de Marc Lévy ait beaucoup changé mais mon avis sur elle, lui, n’a pas évolué.
C’est toujours le même style : linéaire, sans à-coups, avec peu de surprises et de rebondissements. La construction est toujours aussi peu subtile et les dialogues aussi plats. Et que dire de ce hasard bienveillant – toujours présent dans ses romans – et qui surgit à point nommé pour tirer l’auteur de l’embarras dans lequel il s’est lui-même plongé. Mais c’est propre et ça sent le travail. Ça détend. C’est comme une citronnade un jour d’été. Mais rien de plus. Ça ne vaut tout de même pas l’acharnement des critiques qui s’attache généralement à ses publications mais ça ne vaut pas non plus les élans dithyrambiques de fans peu exigeants.
Dans « C’est arrivé la nuit » on regrettera une fois encore le peu d’épaisseur des personnages, les dialogues convenus, le survol rapide de tous les thèmes qui étayent le roman (alors que chaque thème pourrait constituer un sujet de roman à lui seul) : la situation critique des lanceurs d’alerte, l’enrichissement scandaleux des trusts pharmaceutiques, l’incroyable puissance de manipulation de Facebook. On aurait aimé pénétrer un peu plus le monde obscur et mystérieux du hacking informatique et comprendre mieux le mode de fonctionnement de ces pirates (puisqu’il dit les avoir côtoyés) et bien d’autres choses encore.
Mais se lancer dans le techno-thriller après la comédie romantique semble être un exercice périlleux et n’est pas Tom Clancy, Michaël Crichton ou Franck Tilliez qui veut.
Le tome 2 des aventures des 9 se lira sans moi mais l’éditeur se frotte déjà les mains