J'ai beaucoup apprécié cette petite suite de Nature Humaine.
J'ai eu plaisir à retrouver les mêmes personnages projetés dans le confinement. L'auteur jongle entre les vies des personnages, leurs désirs d'enfance, d'adolescence, leurs rêves, regrets et remords. Sans jugement. Pour le lecteur, il serait simple de juger le passé de Caroline, militante PS pro Mitterrand (sic) avec les yeux du présent. Ou la vie d'Agathe, qui s'est réfugiée à Paris pour fuir la vie paysanne. Mais l'auteur reste mesuré, purement factuel.
Pareil pour les réactions des personnages lors du confinement. Entre l'antivax gilets jaunes pensant que c'est une grippette et la pro masque flippée pensant que tout le monde va mourir, il aurait été simple de médire. Car en tant que lecteur, on sait qu'un amas de conneries a été dit de tous bords (surtout par les médias, chose qui est abordée, mais moins dans le livre).
Et on a un large éventail de personnages, qui fait qu'on s'identifie forcément à l'un deux, qu'on soit jeune/vieux, citadin/paysan, femme/homme, de gauche/de droite...
Et dans tout ce bordel du confinement, il y a cette trame "paysanne" qui ne nous quitte pas, qui est forte et finit par souder les personnages entre eux. Au final, la connexion à la terre, n'est-ce pas le plus important ?