10
le 30 oct. 2021
SuivreCritique de Chevreuse par lireaulit
J'ai fait une énorme bêtise, une grosse bourde, un impair irréparable… J'ai terminé « Chevreuse » il y a cinq jours et là, maintenant, au moment de commencer ma chronique, je me rends...
Plus je lis Modiano (ses dernières productions), plus je comprends son univers, plus j'entrevois le projet à grande échelle. Et plus j'ai la volonté de l'explorer. Toujours une histoire et une intrigue prétextes à divaguer sur les champs de la nostalgie. Établir une ambiance par l'agencement des mots.
Une colorimétrie propre à Modiano s'empare de nos esprits. Un noir et blanc agrémenté de quelques couleurs pastel prennent d'assaut notre imaginaire. Un sépia de toute beauté s'insinue longuement. Du gris, du marron, du beige. Rien d'éclatant, du terne apologétique. C'est une traversée en terre gaullienne, quand le costume était encore la norme, la robe un emblème et le pardessus une élégance.
Tout est inquiétude dans ce Chevreuse. Le lecteur n'est pas rassuré, un tremblement étrange digne d'un mauvais rêve nous étreint. Tout comme il existe le steampunk et le dieselpunk, Modiano invente le De Gaulle-punk. Dans une France apaisée et léthargique, souvenirs et mystères se croisent dans des romans d'un nouveau genre de science-fiction.
Tellement éloigné de notre réalité que la substantifique familiarité que l'on ressent ne peut que provenir de notre cerveau reptilien qui n'a rien oublié. Quelque part ce fut vraiment la vraie vie des gens. Enrobée dans la chaleur d'une mélancolie Modianesque où tout est lent, civilisé, obscur, désirable.
Pour conclure, gaullopunk certes mais avec également une dimension polardienne, registre investigation lovecraftienne où l'on s’attend à rencontrer à chaque page un mort-vivant, un sectateur de l'occulte ou une créature naît au fin fond du cosmos.
Modiano est fort, il a réussi à créer une épopée aux caractéristiques communes, une sorte de Modianoverse où nostalgie, mélancolie, inquiétude et mystère prédominent.
Samuel d'Halescourt
Créée
le 7 oct. 2023
Critique lue 27 fois
10
le 30 oct. 2021
SuivreJ'ai fait une énorme bêtise, une grosse bourde, un impair irréparable… J'ai terminé « Chevreuse » il y a cinq jours et là, maintenant, au moment de commencer ma chronique, je me rends...
8
le 20 oct. 2021
SuivreMême si les romans de Patrick Modiano restent constants dans la qualité, avec ce style et ces ingrédients immuables, pourtant on peut dire que l’on n’avait pas été emballé comme ça depuis quelques...
1
le 5 avr. 2022
SuivreEt si Patrick Modiano n'était autre que le plus facétieux de nos écrivains ? A nous resservir jusqu'à plus soif une variante du "train fantôme du passé enfoui" (expression piquée à David Caviglioli...
8
le 10 nov. 2015
SuivreAutant annoncer la couleur, ce livre m’a régalé. Une accumulation de courts chapitres qui traitent de l’actualité de ces deux dernières années où Finky délivre ses sublimes exaspérations, son divin...
8
le 3 mars 2021
SuivreOutre l'arnaque d'avoir reversé dans ce volume une grande partie des précédentes interventions, on prend plaisir a redécouvrir la plupart des textes qu'on avait passablement oubliée dans l'intervalle...
8
le 26 sept. 2017
SuivreD’abord déçu de constater que « Les portes de la perception » à proprement parler n’était en fait qu’un court texte dans un recueil qui en compte beaucoup d’autres et sur lesquels nous...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème