On ne présente plus Laurent Genefort, l'un des spécialiste français du space-opera.
Clones et prophètes regroupe deux anciens textes de l'auteur, réécrit pour l'occasion afin de les mettre en résonnance et de donner une cohérence d'ensemble à ces deux textes, pourtant très différents.
Je précise d'emblée que je n'ai pas lu les textes originaux, et cette critique sera donc basée sur cette version, sans préjugé de la forme ou du contenu de leur première mouture.
Commençons par des généralités avant de parler plus spécifiquement des textes, en notant déjà
Comme déjà dit, les textes sont différents, notamment en matière de style.
Le premier texte est dans une veine que je vais m'autoriser à qualifier de "vancienne", tant elle m'a fait penser au travail de Jack Vance. Le récit se déroule sur une petite planète isolée, assez pauvre en ressources (et donc de peu d'intérêt pour les grandes compagnies spatiales). L'accent est mis sur la faune et la végétation locale, très particulière et sur l'opposition entre les colons voulant aller dans le sens des multimondiales (c'est le nom que donne Genefort à ces grosses compagnies) en transformant radicalement la planète et ceux souhaitant rester dans une forme d'indépendance. Cette opposition sera cristallisée par une femme et sa fille, vivant en osmose avec le biotope de la planète, qui vont se voir mettre au ban de la société par une sorte de faux prophète venu défendre les intérêts des multimondiales.
Le second récit est plus proche d'un roman noir, avec une histoire de meurtre politique et de traque du tueur, là aussi autour d'une histoire d'intérêts divergents entre les habitants de la planète et les multimondiales. La planète est cette fois moins sauvage, beaucoup plus urbanisée et développée que dans le premier texte, et l'intervention des multimondiales y est, paradoxalement, beaucoup plus frontale.
Deux salles, deux ambiances donc, mais avec des points communs qui font le lien entre ces deux textes.
Déjà, dans les deux cas, on est face à des planètes ayant contrarié les multimondiales d'une manière ou d'une autre, et on va le dire sans fard, elles n'ont pas le beau rôle dans ces récits, apparaissant comme des hydres capitalistes sans scrupules, prêtes à toutes les magouilles pour arriver à leurs fins (toutes ressemblances avec la société actuelle relève sans aucun doute du hasard).
Ensuite, et je ne me suis pas attardé là-dessus dans leur présentation parce que le but n'est pas de raconter les livres, mais dans les deux cas, des clones sont impliqués dans l'intrigue (et en même temps, le titre allait un peu dans ce sens aussi).
Les deux textes sont plaisants, chacun dans leur genre, et j'ai passé un bon moment de lecture, sans y souffrir, comme dans d'autres textes de Genefort que j'ai pu lire, d'une certaine froideur de ses personnages. ici, je leur ai trouvé plus de relief que dans mes lectures précédentes du Monsieur, et c'est très bien ainsi !