Le roman de Sébastien Japrisot (1962) à l'origine de ce superbe premier film éponyme de Costa-Gavras (1965). J'étais très content lorsque j'ai mis la main sur le roman dans une boite à livres …
Et puis la lecture s'avèrera décevante …
Ou alors il ne faudrait pas connaître le film, comme je le connais … Parce que je constate que le scénariste du film, Costa-Gavras lui-même, a eu la bonne idée de mettre en valeur les nombreux personnages secondaires. Alors qu'un roman, la plupart du temps, permet d'approfondir les personnages qu'un film ne peut que résumer ou simplifier, ici, Japrisot traite ses personnages de façon égale et sans relief, à petites touches, en douce. Bien sûr, c'est une façon comme une autre de rester neutre sans tenter de dévoiler quoi que ce soit de l'intrigue. Costa-Gavras a, au contraire, fait des portraits hauts en couleur (Charles Denner, Simone Signoret, Michel Piccoli …), créant des fausses pistes mais c'est la loi du genre. Force est de constater que ça marche moins bien dans le roman.
Je ne connaissais qu'un seul autre roman de Japrisot ("un long dimanche de fiançailles" - 1991) que j'avais plutôt bien aimé il y a quelques années. Ici, j'ai moyennement apprécié son style un peu décousu où il ne dévoile pas grand-chose, sème quelques infos à travers notamment des flash-backs, ici et là, mine de rien, nécessitant, pour ma part, de fréquents retours en arrière parce qu'on s'y perd entre tous les personnages traités sur un même plan. Même la fin du roman est très plan-plan et n'a pas grand-chose à voir avec le suspense final, très enlevé, que Costa-Gavras met en place.
Une déception, vous disais-je …