Il est ici décrit les expériences d'adolescents porteuses de risques un peu plus forts à chaque fois, de leurs émois, de la surveillance bienveillante du policier du coin, celui de la corniche Kennedy, quasi-personnage en lui-même, voie routière coincée entre mer et colline, menant aux plages du Prado, à Marseille. Ces jeunes ont donc besoin de vitesse, de sensations fortes, et la forme sert ici à le ressentir, par des mots qui fusent, se cognent par des énumérations, des phrases courtes qui s'entrechoquent, dans un style souvent oral correspondant souvent à celui employé par les jeunes protagonistes. Ce style s'avère bien déconcertant, il est vrai, mais il permet d'intégrer un état d'esprit, celui décrit au sein de ce groupe désireux de consommer leur vie à pleine dent et d'en découdre, de profiter de ce décor relevant d'une beauté flagrante, bien que parfois un tantinet aride.
Déconcertant, ce livre ne s'avère donc pas vain.