Une voix forte et affirmée pour ce premier roman !


Deux personnages qui n‘en font qu’un, Darya est le double d’une Dounya qui semble bien décidée à régler l’ensemble de ses comptes avec tous ceux qui un jour lui ont causé du tort.


Elle a trente ans, vit avec son chat, après une rupture mal vécue. 

Il y sera question de sexe, de racisme, d’argent, écueils partagés par une génération de jeunes ostracisés avant même de pouvoir d’exprimer. 


Avec une série de lettres, les règlements de compte seront adressées à ceux qui ont violé, humilié, ou discriminé. Des lettres sans langue de bois, où les choses sont dites et dénoncées à l’aune de la gravité des faits.

Le fil narratif donnera la parole à Dounya la conquérante, décidée à ne plus se laisser monter sur les pieds, ou à Darya, qui nous fait comprendre l’origine  du mal , avec les difficultés de restituer le cours de l’histoire : 


« Quand on va très mal la mémoire devient une espèce de rivière boueuse qui ne charrie que les pierres les plus poreuses dans son cours et de la poussière en surface. Il est difficile d'y retrouver ce qu'on a jeté, le courant a tout dispersé. J'ai oublié peut-être quatre-vingt pour cent de ce que j'ai vécu, ainsi que l'ordre dans lequel j'ai vécu, je sais que ça paraît énorme, mais c'est vrai, c'est comme si des émotions dominantes, comme l'humiliation, la culpabilité, la détresse avaient redessiner le contour de l'histoire en exagérant chacun de leur partie, quitte à noyer au fond de l'eau tout ce qui viendrait entraver leur émergence. »

Les choses sont dites avec panache. Si une bonne partie du discours utilise un lexique et des références d’une génération plus récente que la mienne, on a aussi une qualité d’écriture beaucoup plus classique mais tout aussi percutante , comme en témoigne la citation ci-dessus.

Pas besoin de plus de preuves pour comprendre cette  capacité hors norme à manier les mots et la langue !



Malgré tout, l’humour n’est pas oublié ! : 


« Encore, l'argent, on était beaucoup pas trop en avoir. Mais le sexe régulier, ça c'était un marqueur de classe à la vingtaine entre ceux qui vivaient la décennie kiki en vadrouille, et les autres coincés du bénard. »


Marquée par ce roman cash, qui dénonce avec une énergie remarquable, et fait émerger une nouvelle voix littéraire !


Kittiwake_
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le 27 juil. 2026

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