On poursuit avec Alice dans cette suite publiée quelques années après le premier opus. L’univers reste fidèle à lui-même, profondément onirique, mais cette fois le passage ne se fait plus par un terrier, mais à travers un miroir. Un dispositif simple, presque évident, qui sert de point d’entrée à un monde inversé, où les règles habituelles sont constamment détournées.
Le livre reprend les codes du premier, en les poussant parfois encore plus loin. Tout fonctionne à rebours, la logique se déforme, les situations se retournent. La normalité devient étrangère, presque inquiétante, tandis que l’absurde s’impose comme une nouvelle forme d’évidence. Derrière cette fantaisie, on retrouve toujours cette quête de sens, cette idée que la réalité elle-même pourrait n’être qu’un rêve.
Certains concepts marquent davantage. Celui de la Reine Rouge, contrainte de courir sans cesse pour rester au même endroit, reste particulièrement frappant. De même, la Reine Blanche, avec sa mémoire qui s’étend à la fois vers le passé et vers le futur, apporte une idée plus troublante, presque vertigineuse.
Mais, comme pour le premier, l’ensemble peine à réellement m’emporter. Les jeux de mots, les poèmes et les situations incongrues s’accumulent, parfois au détriment de toute implication. On reste spectateur de cet univers, sans véritable point d’ancrage. L’inventivité est indéniable, mais elle ne suffit pas à créer un attachement ou une immersion durable.
Une suite cohérente, fidèle à l’esprit du premier, mais qui confirme surtout mon sentiment initial. L’univers fascine par ses idées, mais me laisse à distance sur le plan de la lecture.