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Brûlot
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Juste deux secondes et la vie bascule, comme le rappelle Diaty Diallo dans son premier roman écrit comme un cri de protestation, avec à l’arrière plan le son d’un rap strident, pour dénoncer les violences policières où la jeunesse finit par inonder l’air qu’ils ont brûlé.
Car Diaty Diallo écrit la langue qui ne s’écrit pas. Celle de ces zones reléguées, abandonnées, plus pauvres que la pauvreté déclarée. Alors, après un énième contrôle d’identité de jeunes qu’ils connaissent pourtant par cœur, la police dérapage et la vie d’un jeune s’envole.
Qu’il s’appelle ici, Samy, ou alors Aboubakar ou Amada, leur vie les a quittés, alors que la police se devait de les protéger.
Alors Astor se met à raconter l’avant avec les fauteuils sur la pelouse décimée, les barbecues au coin de l’immeuble et surtout la bande de copains. Il y a Chérif, Isaa, Demba et Nil, et tant d’autres.
Ils partagent le quotidien et se connaissent depuis des lustres. Mais quand au cours d’un énième contrôle de police, la vie d’un plus jeune lui sera arrachée, alors, tout va s’embraser. Et cet incendie dans les corps et les têtes investit le quartier.
Difficile de qualifier cette écriture : la poésie est une constante et la musique accompagne, scandant les mots habituels mais ici écrits souvent sans fioritures mélangés au langage des quartiers. Elle accompagne les regards, les corps, les oublis aussi. De ceux duquel quelqu’un s’échappe aux autres pour mieux se découvrir.
Mais, Diaty Diallo partage les odeurs des plats des mères, leurs amours dans les casseroles, la fumette omniprésente et aussi l’alcool comme une normalité. Elle vante aussi ces pages comme de jeunes chevalier sur leurs destriers modernes flambant devant les potes mais aussi les plus vieux avec leurs motos, comme les fantassins du quartier.
La suite ici
https://vagabondageautourdesoi.com/2022/11/17/diaty-diallo/
Créée
le 18 nov. 2022
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