Double blanc
5.7
Double blanc

livre de Yasmina Khadra (1998)

Une enquête du commissaire Llob publiée en 1998 après "l'automne des chimères"…

Le commissaire est toujours cet ardent républicain algérien qui s'est forgé lors de la guerre d'indépendance et qui se désole de voir son pays ravagé par l'hydre intégriste. Dans "Double blanc", les choses ne sont pas si simples, malheureusement. Certes les intégristes sont bien toujours là fomentant et perpétrant des actes terroristes et sanglants mais le commissaire Llob va devoir apprendre à démêler les mauvaises herbes entre elles avant de les arracher. Car si l'intégrisme est bien avéré, il est parfois bien pratique pour certains d'en profiter pour régler des comptes, pour se maintenir au pouvoir ou pour prendre des positions dominantes dans un marché.

Lorsqu'un diplomate et un intellectuel sont assassinés peut-être à cause d'un dossier secret devenu introuvable, Llob se met en chasse et avance à petits pas dans une enquête périlleuse sur une route sinueuse parsemée de cadavres. Et lorsque le fameux dossier lui arrive sur un plateau, il découvre soudain toutes les réponses, les rôles et interconnections des suspects qu'il traquait en vain et un ambitieux objectif politico-économique pour le pays (bien sûr) mais, surtout, pour des intérêts privés. Après des semaines d'errements, le succès est presque trop facile. Mais qui donc a réuni le dossier et avait donc intérêt à sa divulgation ?

Il y a un style indéniable, propre à Yasmina Khadra qui mêle adroitement le lyrisme flamboyant à l'ironie amère et même féroce …

Dahmane Faïd est venu au monde uniquement pour ramasser du fric. Bébé, ses vagissements rendaient un cliquetis de machine à sous. Il n'était pas question pour lui de prendre le biberon si on ne lui glissait pas un billet de banque sous la bavette. Racket, prostitution, stups, contrebande, politique, pas une magouille ne lui échappe.

Le seul endroit où il n'investit jamais est le paradis d'Allah. De ce côté, il ne se fait guère d'illusions.

Pharaon enfaitant son empire, Dahmane Faïd se prélasse au bout de son bureau frustrant, un cigare à la bouche et le monde à ses pieds. Il est énorme et chauve, un porc-épic sur sa face de faux dévot et il égrène un chapelet d'ambre. Le tintement des grains s'égoutte dans le silence avec la régularité d'un tic-tac mortel, cadençant mon pouls et asséchant mes glandes salivaires …

Oui, un très bon polar très réaliste dans un monde où la vérité est bien souvent fuyante …


JeanG55
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le 24 juil. 2025

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