Vous commencez à me connaître, je ne suis pas une grande fan d’Histoire, c’est clairement ma bête noire, pourtant, celui-ci a su me convaincre pleinement et ce, dès les premières pages. C’est dans le Londres de la fin du 19ème siècle que nous allons plonger, l’aristocratie y est toujours omniprésente, avec ses codes et ses apparences qui comptent plus que tout autre chose. Un univers où la domesticité tient encore une place primordiale, toujours pour l’image, pour montrer que l’on a les moyens d’avoir des gens à son service, pour faire bonne figure devant ses soi-disant amis. Des domestiques que l’on peut considérer bien traités, si l’on ne creuse pas plus loin, mais c’est sans compter les réflexions déplacées, les piques qu’ils reçoivent à longueur de temps et qui les rabaissent sans cesse à la place qui leur est due. Bien sûr, c’est révoltant, mais c’est surtout hypocrite, lorsque l’on voit comment cette noblesse peut fonctionner dans l’ombre et les comportements qu’ils peuvent avoir une fois les portes fermées, ils ne sont ni plus, ni moins humains que chacun de nous. Et c’est son titre qui résonne au fil des pages, on parvient à comprendre ce qu’il signifie, où il souhaite nous mener, vers une réflexion profonde, qui sera toujours d’actualité et qui peut s’appliquer encore à nos sociétés. C’est un travail de recherches incroyable qui a été mis en œuvre, pour être aussi réaliste que possible, les faits, les inventions, les événements, tout est vrai et chaque élément apporte un peu plus de crédibilité, à cette fiction, qui aurait pourtant pu exister. C’est dans ce cadre, que nous faisons la connaissance de Betty, gouvernante fraîchement arrivée dans la famille Trengove, elle devra se familiariser avec les enfants, mais aussi ce couple aux lourds secrets. Je ne connaissais pas la plume de Gaëlle Magnier, mais je dois bien dire que son talent est indéniable, que ce soit pour ses connaissances historiques ou pour l’histoire qu’elle nous fait partager. Comme je le disais, je ne suis clairement pas une férue du genre, étonnamment, elle a réussi à capter mon attention dès les premières lignes, pour ne plus la lâcher jusqu’à la toute dernière. Sur fond du procès du célèbre auteur Oscar Wilde, elle abordera des thèmes sensibles pour l’époque et même toujours aujourd’hui finalement, c’est le cas de l’homosexualité. On se rend compte de la difficulté que c’était à cette période, d’autant plus lorsque vous étiez dans cette aristocratie des apparences, c’était impossible de vivre un tel amour au grand jour et même, puni par la loi d’ailleurs. Mais Betty, pourtant domestique, montrera la voie, celle du courage, de l’ouverture d’esprit, qui passe par l’éducation qu’elle souhaite équitable pour tous et qui est pour elle, la clé d’un monde meilleur.


En bref : Double Morale, c’est un roman historique incroyablement bien mené, extrêmement fouillé dans ses détails, il nous livrera un récit fort, des personnages auxquels on s’attache immédiatement et un portrait de l’amour dans tout ce qu’il a de plus pur, qui va au-delà des frontières sociales imposées !


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Vampilou
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le 13 janv. 2021

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