- Édition lue : publiée en novembre 2011 aux éditions Pocket. Traduit de l'américain par Jacques Guiod. EAN : 9782266208918.
Résumé
Thriller parfois glaçant mais inégal dans sa construction narrative.
Détails (et spoilers)
Le scénario et l'écriture de Dragon rouge peut donner le sentiment d'un ouvrage un peu conventionnel et sans identité, mais ce serait lui faire un procès anachronique tant il devait s'avérer bien plus surprenant lors de sa sortie en 1981. Surtout pour son scénario car l'écriture est tout de même très standard. La traduction bancale et les fautes un peu trop nombreuses n'aidant pas à apprécier la plume de l'ancien reporter.
Les multiples chapitres et points de vue tentent pourtant d'insuffler un rythme qui donnera bien quelques échappées prenantes, mais les moments de tensions seront parfois mal gérés. Que ce soit par une narration rendant peu lisible les évènements rapides - comme lors des dernières pages à Marathon ; ou bien lors des déductions policières qui se perdront dans des détails nuisant à la fluidité du raisonnement.
Travail policier qui sera d'ailleurs particulier à suivre dans la mesure où l'on connaitra rapidement l'identité du tueur, mais également son mode de vie. Ce qui rend parfois fastidieux la lecture des démarches de recherche, mais qui permet d'avoir un petit sentiment de fierté quand on sent Will Graham se rapprocher du but.
Un roman assez inégal donc, qui réussit à donner une portée quasi sociologique à son tueur en étudiant ses troubles et son passé, mais qui pêche parfois au moment de rendre haletant les moments forts du récit. On sent que l'auteur pose des thèmes intéressants et une toile de fond angoissante qui fait son effet par instant sans pour autant réussir à exploiter pleinement les ficelles tirées par les tempéraments complexes de personnages comme Graham, Dolarhyde, Molly et bien sur Lecter.
Reste à voir si cela ne sera que partie remise pour une suite plus à même d'en tirer de plus amples éléments.
5,75/10.