Petit voyage dans l’Écosse du XIXe siècle où John Ferguson, un pasteur envoyé sur une île perdue au milieu de nulle part, rencontre Ivar, le dernier ermite vivant sur cette terre isolée. John est porteur d'une mission : convaincre Ivar de partir. Mais difficile de poursuivre cette quête capitaliste lorsque l’homme qu’il doit chasser l’accueille à bras ouverts…
Éclaircie fut une très belle lecture, même si elle me laisse un léger goût d’inachevé. Oui, c'est vraiment bien écrit, Carys Davies parvient à retranscrire avec beaucoup de finesse cette île inhospitalière, sauvage et battue par les vents, tout en lui donnant un charme pittoresque. La relation de confiance qui se noue petit à petit entre John et Ivar est également la grande force du récit. L’autrice va jusqu’à recréer un dialecte propre à Ivar, que John (et le lecteur) apprend progressivement à comprendre. Mais surtout, leur lien est développé avec énormément de délicatesse et de poésie. À travers eux, ce sont les plus belles qualités humaines qui sont mises en avant : l’altruisme, l’empathie, la tolérance.
Un troisième personnage important, Mary, la femme de John, prend également une place de plus en plus importante au fil du récit. Et mon ressenti est plus partagé. Je n'ai pas été très attentif à son voyage et je m’interroge encore sur la finalité de son personnage. Dévouée envers son mari, forte de caractère, certes… mais finalement assez peu indépendante. C’est cohérent avec l’époque, mais dans une fiction, j’aurais aimé qu’une autre voie lui soit offerte.
Le roman souffre peut-être aussi de sa brièveté et j’aurais aimé que certains événements prennent davantage de temps à se construire. Malgré cela, Éclaircie reste une lecture très belle, qui donne envie d’aller se perdre dans les paysages écossais.