La Première guerre mondiale vide Paris des hommes mobilisés. N'y demeurent que les tout jeunes et les malades qui ne peuvent pas être incorporés, tel Marcel Proust, atteint d'asthme chronique. Et c'est à cette période qu'il est attiré par Vincent, seize ans, brun aux yeux verts, d'apparence éthérée mais plus sûr de lui qu'il n'y paraît. Un échange épistolaire permet de comprendre la nature non équivoque de leur relation, alors que Vincent côtoie également Arthur, lui mobilisé car en âge pour cela, lors de ses périodes de permissions.
Ce roman intrigue à double titre, par sa forme et par ce triangle amoureux, sensible au point de devenir foisonnant d'émotions, d'initiations à l'amour, pour le meilleur et du moins bon. L'âge de Vincent trouble évidemment. Son double parcours initiatique interroge, émeut et perturbe, les questions abondent. La confusion des sentiments affleure et assaille. C'est bien fait, dérange quelque peu, tout en restant pudique et sensible.