Dieu est mort, et son corps dérive dans le golfe de Guinée. Anthony van Horne, ex capitaine d'un supertanker et responsable d'une marée noire sans précédent est chargé par le Vatican de remorquer le corps jusqu'à sa dernière demeure.
Tel est le pitch de départ de ce roman qui, sous ses dehors rigolards et gentiment iconoclaste interroge notre rapport au sacré et à dieu, bien sûr.
Car en effet, si le ton semble d'abord léger et en dépit d'un humour corrosif distillé au fil des pages, c'est aussi un conte philosophique qui nous est proposé, la notion de cadavre divin remettant en cause beaucoup de choses, du simple concept d'athéisme (dur à assumer face à un cadavre de trois kilomètres de long) en passant par le rapport à la morale, car quoi de plus tentant que de transgresser tous les tabous une fois l'assurance de ne plus être "sous le regard de dieu" ?
Je ne dévoilerai rien du dénouement, mais je peux néanmoins dire que ce livre allie drôlerie, philosophie et aussi, un peu, théologie (mais c'est un peu logique non ?) avec un égal bonheur, ce qui suffit à en faire une lecture recommandé et recommandable.