"Enquête dans le brouillard" ouvre la voie à la série (actuellement de 22 tomes) mettant en scène le duo d'inspecteurs Lynley et Havers. De milieu social, d'éducation et d'extérieur diamétralement opposés, les deux policiers de New Scotland Yard apprennent ici à travailler ensemble, mus par leurs valeurs communes et leur professionnalisme.
Non sans heurts ni quiproquos, le tandem improbable qui a valu à son autrice une renommée internationale s'embarque dans une investigation aussi mystérieuse que noire. Dans un village du Yorkshire, un fermier est retrouvé décapité dans son étable. Bon père de famille, paroissien fervent, voisin modèle, son assassinat laisse les villageois pantois. Toutefois, Lynley et Havers vont de fil en aiguille mettre le doigt là où ça fait toujours mal : les secrets de famille. On a beau les enfouir sous une épaisse couche de brouillard, il y a toujours un moment où la lumière traverse et révèle ce qu'on a pris tant de soin à cacher.
J'ai été un peu déstabilisée par ce premier tome. Comme j'en ai lu plusieurs autres sans respecter l'ordre de parution, certaines relations entre personnages n'ont pas été une grande surprise pour moi même si j'ai aimé en apprendre davantage sur leurs histoires personnelles et leurs particularismes.
Ce qui m'a le plus surprise, en revanche, c'est le crescendo dans la noirceur qui s'intensifie d'un seul coup dans le dernier quart du roman. On passe d'une atmosphère proche d'un roman d'Agatha Christie à un thriller glauque et barbare. Ici, c'est moins l'enquête qui m'a interpelée que son dénouement.
Je me rends compte qu'avec le temps et l'expérience, les romans policiers d'Elizabeth George ont gagné en densité et en maîtrise stylistique. Bon polar tout de même.