Un faux polar de James Hadley Chase mais un vrai roman noir … Publié dans la Série Noire au numéro 6 …
On a les ingrédients suivants : Hollywood, un producteur tout-puissant, Rex Gold, un écrivain raté, Clive, qui picole et qui court les femmes, une femme très belle et sérieuse, Carol, qui l'aime, une prostituée perverse qu'il a dans la peau.
L'écrivain raté : en fait, c'est un imposteur car Clive profite de la mort d'un ami, véritable écrivain talentueux, pour s'approprier une pièce de théâtre qui devient un grand succès et dont il profite des droits sans vergogne. Là où le bât blesse, c'est qu'il s'avère incapable d'écrire d'autant qu'il boit comme un trou (du whisky, of course) et passe son temps à draguer la gueuse. Et le jour où le producteur, celui qui est tout-puissant, lui demande de transformer la pièce de théâtre en scénario, c'est évidemment, la panne.
La femme qui l'aime, Carol, (bon, elle a bien du mérite à être amoureuse de ce gazier), c'est une scénariste de talent (du vrai, elle). Elle est à peu près le seul personnage sympathique de cette histoire. Même si elle n'est pas complètement aveugle, elle a foi en Clive qui, semble-t-il, a aussi le mérite d'être beau, gentil et généreux. Encore faudrait-il s'accorder sur le mot "gentil".
La prostituée perverse, Eva, est ce qu'on pourrait appeler en langage châtié, une catin. Elle magnétise les hommes qui ne voient plus que par elle. Mais elle joue les indifférentes rendant ainsi fous les hommes qu'elle mène à la baguette. Elle déteste les hommes dont elle profite. Sa relation est toxique au point de feindre de refuser le fric que Clive ne manque pas d'apporter.
Étais-je donc un chien pour qu'une putain se permette de refuser mon argent et de m'interdire sa porte
Evidemment, Carol finit par s'apercevoir de son infortune et des défauts (nombreux et bien réels) de Clive ; le big producteur Rex Gold, RG pour les intimes, finit par s'apercevoir de l'imposture de Clive. Tout ceci va mal se terminer...
Bon roman noir psychologique ; je le trouve cependant en retrait par rapport à certains autres romans de Chase.
Une adaptation a été fait en 1961 pat Losey avec Jeanne Moreau dans le rôle-titre. Je n'ai pas vu ce film.
Un truc marrant (enfin, curieux plutôt) : on sait que les anglosaxons s'interpellent par "Hello" ; plus récemment, par "Hi" ; dans le roman, le traducteur a préféré traduire par "Allô" !!!