Avec R.J. Ellory, il est rare que la lecture soit décevante. Et Everglades figurera parmi les meilleurs thrillers dans mon panthéon personnel. Nous sommes dans les années 70 en Floride. Garrett Nelson est adjoint au shérif, mais sa mission ne durera que peu de temps car au cours d’une traque pour piéger des trafiquants, Garret reçoit une balle dans la cuisse, une blessure qui remet en cause son avenir professionnel. Ce sera pour lui l’occasion de créer des liens avec la kiné qui veille à sa rééducation, et lui conseille de postuler pour être gardien dans la prison de la région, un établissement hautement sécurisé, qui héberge de dangereux individus. Une évasion se produit malgré tout puis deux morts par suicide, et pour Garrett, ces faits ne peuvent avoir eu lieu qu’avec la complicité d’éléments du personnel.
Avec ce roman , on vit au coeur de l’univers carcéral, avec son austérité, le danger permanent de rébellion, et la noirceur des histoires individuelles et on comprend ce que peut impliquer pour ceux qui sont les gardiens du système de côtoyer au quotidien ce que la nature humaine a de pire. Porté par un personnage intègre mais suffisamment intelligent pour douter, le roman est un remarquable reportage sur le système de répression incluant la peine de mort, et à travers la voix des différents personnages, le débat est habilement mené.
R.J. Ellory est également un maître du suspense, et on parcourt les dernières pages avec la boule au ventre….