On ne peut pas vraiment dire d'Exil qu'il possède une véritable histoire en soi tant ce qu'il dépeint est une fresque pas très glorieuse d'une adolescente d'origine britannique dans la Tanzanie des années 80 et sa très longue descente dans l'enfer de ce qui se vend le mieux de nos jours, à savoir la drogue, le sexe et la décadence à bas coût. Franchement, c'est clair que ça en jette mais plus généralement, ça part toujours dans un trip halluciné du quotidien et au bout des trois quart du livre, je me fais chier comme un rat mort au milieu des catacombes parce que les malheurs de Sophie qui se fait traiter comme une moins que rien par des gars louches dont elle s'amourache passionnément tous les quatre chapitres, ça va bien deux minutes.
Samantha donc, notre terrible protagoniste, est une petite peste qui n'en fait qu'à sa tête et qui se trimballe d'hôtels en hôtels dans les environs de Tanga pour échapper à sa famille de bras cassés. Elle fume clope sur clope, se fait virer de l'internat pour tous les motifs possibles et inimaginables et passe les trois quart de son temps à se plaindre et dire que la vie, bah c'est de la merde en définitive. C'est vrai qu'elle a ce charme des ados rebelles à deux balles mais quelque part, je ne sais pas trop s'il fallait rire ou pleurer de son destin tragique qu'elle a allégrement participé à démonter pièce par pièce.
Peut-être que ça y est, je suis bien trop vielle pour apprécier les élucubrations d'une fillette désabusée ou peut-être que ce genre de personnage n'a jamais vraiment attiré ma sympathie. Mais hormis toutes les péripéties pas forcément très intéressantes de notre héroïne de fortune, il y a cette ambiance de l'Afrique protéiforme avec ces populations très différentes où il semble toujours faire une chaleur écrasante et humide.
Au fond, j'aurai préféré que ce soit une histoire de road trip car il faut admettre que l'auteur rend plutôt bien compte de ces paysages splendide, des hôtels luxueux à côté de la maladie et de la pauvreté ambiante. Le reste est finalement assez oubliable quand on voit le nombre de pavés qui sortent chaque année avec toujours plus de descriptions d'existences et de personnages extrêmes pour épater la galerie.
En fin de compte, je dirais que si Exil mérite le détours pour la qualité, somme toute unique de son univers, son histoire ne sera pas au goût de ceux qui recherchent quelque chose de novateur à se mettre sous la dent.