Cher Philippe Sollers, du haut de ton fauteuil monacal, roi de Venise, prince d'une ville prisonnière de ses génies, à travers "Femmes" j'ai eu l'impression de parcourir les pages d'un Casanova nageant dans la modernité.
Je n'avais pas beaucoup d'affection pour toi, car je pensais que tu étais un homme nihiliste et pessimiste, et j’espérais vraiment qu'une lecture d'un roman, m'aiderait à apprécier le personnage. Je ne sais pas pourquoi, mais la littérature se coltine toujours son lot de misogynes charmant, espèce de grand candide naif, qu'on aime détester ou que l'on déteste pour mieux les apprécier. Ton personnage m'est plus aimable désormais maintenant que je connais mieux les causes profondes de ta subjectivité.
Tes nombreuses pérégrinations m'ont un peu fait perdre père et mère, New York, Paris, Sicile.. autant de destinations pour autant de femmes; le style est sincère, direct, à la manière d'un franc-tireur, tu dégobilles : Femmes, prenez jambes à votre cou, rebroussez chemin, cet homme, vous aime mais il ne veut pas votre bien.
Enfin bon, en terminant ce livre, je n'ai pas pu m'empêcher de rêver de t'avoir comme grand-père, comme celui que je n'ai jamais eu, et qui m'aurait appris la vie un peu, en me montrant du doigt, cette société, tu sais, celle-là. Celle que tu décris, et dans laquelle on vit en 2016.