Après avoir lu le livre de Samuel Noah Kramer, L’Histoire commence à Sumer, j’ai souhaité approfondir mes connaissances sur ces civilisations peu connues de Mésopotamie, à savoir les Sumériens et les Akkadiens.
Le livre Gilgamesh & Co, Rois légendaires de Sumer, écrit par la docteure en assyriologie (science étudiant la Mésopotamie) Véronique Grandpierre, permet de mettre à jour de nombreuses informations présentées il y a plus de 60 ans par Kramer. En effet, depuis la publication du très célèbre livre de Kramer, les chercheurs ont découvert ou traduit de nouvelles tablettes et ont pu approfondir les connaissances parcellaires sur cette civilisation très ancienne.
Les Sumériens sont, encore à ce jour, la première civilisation que nous connaissons à avoir adopté l’écriture. D’où le fait que Kramer nomme souvent ses chapitres par « le premier » ou « les premiers » pour bien mettre en exergue le fait qu’ils ont inventé en premier, ou du moins qu’ils ont posé en premier sur l’argile, beaucoup de choses que l’on retrouvera plus tard dans de nombreuses civilisations, et en premier lieu dans l’Ancien Testament.
Le livre de Véronique Grandpierre est tout à fait autonome par rapport à celui de Kramer et présente une actualisation de l’assyriologie pour le grand public, en nous racontant de nombreuses histoires à propos notamment de Gilgamesh sous ses formes babyloniennes, sumériennes ou akkadiennes. Cependant, elle est obligée de revenir sur des informations erronées ou du moins remises en question aujourd’hui, que l’on peut retrouver dans le livre de Kramer. Celui-ci avait trop tendance à effectuer une comparaison immédiate entre les récits sumériens et akkadiens et l’Ancien Testament.
Or, ce que montre Véronique Grandpierre, c’est une distinction assez nette entre les éléments présents dans les histoires sumériennes et ce que l’on retrouvera plus tard chez les Hébreux. Bien qu’il y ait en effet des éléments concordants, comme le mythe du Déluge, les Sumériens n’avaient pas les mêmes notions que les Hébreux sur de nombreux domaines, et il faut toujours faire attention quand on essaie de comparer des histoires mises par écrit vers -3200/-3000 et les récits bibliques des années -900/-800.
Ce livre a été très enrichissant pour moi, puisqu’il m’a permis d’en savoir beaucoup plus sur les Sumériens. Bien qu’il soit publié aux éditions du CNRS, il reste très accessible pour les débutants et les non-historiens. Avec des images représentant des objets ou des cartes, ainsi que quelques exemples de la célèbre écriture cunéiforme, il est bien adapté au grand public.
Je le conseillerais aux personnes ayant déjà quelques connaissances sur la Mésopotamie, afin de ne pas se perdre entre Inanna, Marduk, Nanna, Gilgamesh, Ur-Nammu, Ur, Uruk et d’autres noms propres dont on a déjà entendu parler sans pouvoir les replacer correctement dans le contexte.
Le lecteur en apprendra beaucoup sur les Sumériens, leur rapport à la religion, à la royauté, leurs mythes pour justifier des conquêtes ou des dominations bien réelles, et leur connaissance de la géographie les entourant. Quelques mots de vocabulaire sumériens et akkadiens sont également apportés pour mieux comprendre le contexte.
En conclusion, ce livre m’a beaucoup intéressé, et je le conseillerais aux passionnés d’histoire de la Mésopotamie et à ceux qui souhaiteraient mettre un pied dans cette civilisation qui inventa l’écriture il y a de cela plus de 5000 ans.