En novembre 2000, à quelques jours de l’élection présidentielle américaine, Orloff tente de survivre dans les rues de New-York. Artiste plus ou moins reconnu, il dort dans sa camionnette à bout de souffle, au milieu de ses toiles et des livres d’occasion qu’il vend à la sauvette devant les universités. Lorsque l’occasion se présente d’investir un atelier pour quelques mois, il pense que la chance a enfin tourné. Persuadé que sa copine l’a trompé, il rencontre Rita, héroïnomane camée jusqu’à l’os dont il va tomber totalement accro.
On va faire simple : j’ai adoré ce roman. L’ambiance, l’histoire, le ton, les personnages, tout m’a fasciné et ramené aux plus belles fictions ayant le New-York underground pour toile de fond, du Basketball Diaries de Jim Caroll au Toxico de Bruce Benderson en passant par le cultissime retour à Brooklyn de Selby. Nerserian incarne à merveille cette jeunesse à la marge, artistes maudits ou camés, tout en tournant en dérision les amateurs d’art friqués aux habitudes ridicules. Il dit la débrouille, la vie au jour le jour, le quotidien des drogués en quête de leur dose. Il dit une forme de solidarité et d’altruisme entre marginaux, même si, au final, chacun vit dans une solitude et une forme d’égoïsme dictée par la réalité de sa situation. Il ne faut pas non plus oublier le rôle tenu par la ville de New-York au tournant des années 2000. Un personnage à part entière, froid, malsain, sans pitié, dont les ruelles cradingues, balayées par le vent et la pluie, n’offrent aucun répit à ceux qui les arpentent. Finalement c’est toute la littérature américaine que j’aime !