J'ai enfin fini de lire le Goncourt 2024 (c'est mieux avant de passer au 2025 !). Qu'en penser ? Sans doute que je ne le sais pas bien moi-même. Dans le fond, c'est l'histoire de l'Algérie qui refuse de regarder avec honnêteté les vicissitudes de la guerre civile et le personnage principal, Aube, en est l'image archétypale : victime des attentats, elle n'a plus accès à sa propre voix et, donc, à la parole créatrice tant de vrai que de neuf et elle hésite à conserver l'enfant qu'elle porte. Algérie du silence qui risque de devenir Algérie stérile ? Soit. Mais la portée politique du livre, malgré cette petite trouvaille narrative, suffit-elle à en faire un grand livre ? J'ai des doutes.
Certes, il y a des jeux de temporalité, de lieux, de dialogues qui s'entremêlent - on pense au trajet dans le camion - mais est-ce un bon roman ? Je n'en suis pas certaine. Y a-t-il une recherche narrative ici ? Je conçois qu'il fut récompensé pour des questions politiques mais il y a de vraies longueurs dans cet ouvrage sombre. Je préfère cependant la toute fin de l'ouvrage, même si la résolution reste somme toute assez simple.