Les livres d'Amélie Nothomb sont toujours (enfin jusqu'à maintenant) agréables à lire en ce sens où ils flattent le lecteur dans sa consommation de lecteur. Rapide et efficace, la lecture est également fluide et il est bon d'en lire un après un ouvrage littéraire conséquent.
Hygiène de l'assassin est un ouvrage plutôt bien conçu fait de scénettes parfois amusantes où la petitesse du genre humain est amenée, nous en conviendrons, sans grande subtilité. Néanmoins, au fil des entretiens journalistiques, les rôles s'inversent et celui qui croyait prendre se retrouve pris... à son propre piège. Prétextat Tach, vieux monsieur que l'on imagine imposant, aigri et sur de lui se trouve confronté à plus fort dans la perversité et dans la manipulation intellectuelle. Comble de l'ironie, le journaliste interviewant en dernier l'homme, misogyne, en question se trouve être une femme. Nous percevons rapidement, l'importance et l'intensité de leurs rapports où la répartie est d'ailleurs un véritable exercice de style manié avec humour par l'auteur.
La question finale est qui se retrouve pris à ce jeu de dupe. Elle ou lui ? Elle et lui ?