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le 13 oct. 2020
SuivreIDÉALEMENT bien écrit…
J’avoue que je ne connaissais pas Erri (Enrico) (Harry) De Luca, ou si j’en avais entendu parler – il me semble – je l’avais, pour ainsi dire, oublié. Ce qui revient au même. Mais voici l’«...
Ce roman était mon premier Erri de Luca. En temps qu'amateur de littérature italienne - mais goûtant assez peu le contemporain - j'avais des attentes assez élevées. Sans doute un peu trop.
Le roman est plutôt agréable à la lecture et possède une recherche formelle appréciable, alternant entre les passages de récit classique et des dialogues inspirés des procès verbaux - qui semblent influencés par la dialectique platonicienne dans leur construction. L'enjeu du roman semble être une réflexion, intéressante, sur l'engagement politique et la recherche de la vérité. Le cadre enfin est un héritage de la passion d'Erri de Luca pour l'alpinisme et de son propre engagement politique. En somme, le menu est assez prometteur.
Le style est plutôt léger, sans fioritures (ce qui est appréciable) mais ne m'a pas particulièrement accroché l'oeil, néanmoins il est compliqué de juger du style de l'auteur sur une traduction. En revanche, la construction du roman me semble souffrir de plusieurs travers évitables. Le principal repose sur le twist de fin, un fusil de Tchekhov extrêmement maladroit qui cherche tellement l'effet de spectacle qu'il en devient profondément artificiel. Ce twist final ruine à mon sens une bonne partie de l'ouvrage, dont l'intérêt repose aussi sur l'impression de réel du cadre et du contexte politique, puisque de Luca semble s'être inspiré de véritables mouvements révolutionnaires italiens. Les passages de dialogues me semblent également un peu faciles par moment, c'est rhétoriquement maîtrisé mais justement ; c'est trop rhétorique, voir artificiel. Le personnage du jeune juge me semble également très malléable, peu convaincant et finalement assez mal développé. Bref, j'ai été plutôt déçu par l'exécution.
Sans être un mauvais livre, Impossible ne m'a pas marqué. Pour un roman italien contemporain traitant de l'engagement politique, je recommande davantage l'excellent Pereira Prétend d'Antonio Tabucchi. Je laisserai sans doute une seconde chance à Erri de Luca, mais le moins qu'on puisse dire c'est que je n'ai pas été très convaincu.
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Créée
le 27 mars 2021
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le 13 oct. 2020
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