Raconter une rupture, détailler les sentiments et réflexions d'un homme qui va quitter sa femme, voilà le thème assez difficile tenté par l'auteur/scénariste Hanif Kureishi, dont j'avais bien aimé déjà les scripts ainsi qu'une oeuvre antérieure, " Le Bouddha de banlieue " et . On sent qu'il y a du vécu dans cette oeuvre, peut-être même de l’autobiographique (je n'ai pas recherché) et bien que le tout ne soit en fin de compte qu'un long monologue intérieur, bilan désabusée d'une relation mourante, on sort je trouve assez dérangé par ce livre, qui porte en lui comme une brutalité latente.


Le (triste) héros de Kureishi a donc décidé de quitter sa femme. Il vit donc maintenant sa dernière soirée avec elle et ses enfants avant d'aller emménager dans une mansarde avec son copain Viktor. Rongé par le doute et peut-être déjà les remords, il s’interroge sur les conséquences de son départ pour elle et ses gosses, sur ce qu’aurait pensé son père, etc...
Le livre est en soi un bon indicateur des angoisses ressenties par "celui qui part", celui va commettre l'irréparable, celui va briser son couple. C'est intéressant, un peu voyeuristique pour le lecteur, et on sent aussi une point de mauvaise foi dans les descriptions de sa conjointe. Mais c'est du hautement subjectif ce terrain naturellement et si on ne peut applaudir cette décision, on ne peut que ressentir avec lui qu'en effet, il vaut mieux parfois être seul que mal accompagné. La question des enfants est bien sûr épineuse, mais je me dis que des enfants qui voient des parents épanouis quoique séparés seront gagnants de ne pas voir le couple s'entre-déchirer dans l'amertume.


Bon des choses m'ont agacé dans ce livre. Les fondements de la décision sont abordés de biais, de manière pas très honnête, l'auteur nous parlant toujours de la fameuse Nina, maîtresse évidente et dont il est clair qu'il est encore attaché à elle. On a envie de lui dire d'appeler un chat un chat. Il quitte sa femme pour une autre, pas besoin de charger le portrait, ni de trop en faire sur le côte "je me ré-invente" etc... Parce que je soupçonne une autobiographie je me retiendrai de juger quoi que ce soit , mais la forme est lourde (et toutes les réflexions sur la masturbation , bof...)


Un petit livre intéressant, assez brutal donc, comme je le disais, et qui, s'il appelle à une salutaire réflexion sur soi, fait sans doute plus de bien à son auteur qu'à son lecteur.

nostromo
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le 4 août 2017

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