Deux enfants, Dylan à peine majeur et Alicia, sa sœur, 16 ans se recueillent sur une tombe, celle de leur mère morte 4 ans auparavant. Ils parlent de leur enfance, des coups que leur mère recevait et du silence qu’ils ont observé, n’ayant jamais pu dénoncer leur père.
Court récit, direct, qui malgré sa brièveté cerne bien la difficulté d’être un enfant, un témoin des coups portés à une mère. L’un s’en veut de n’avoir rien dit, ne parvient pas à admettre sa passivité, se cherche des excuses, alors que l’autre, la sœur a travaillé sur cette période, elle a avancé et a compris qu’ils étaient tous deux des victimes. C’est ce qu’elle tente de dire à son frère. Les coups du père n’ont pas fait du mal qu’à la mère, même s’ils ne les ont pas reçus physiquement, ils les ont ressentis et ont vu leur mère souffrir jusqu’au plus extrême.
Marcus Malte, habitué des romans noirs, sait raconter, sait entrer dans ses personnages profondément. Son écriture est directe, précise. Tout est dit sans emphase, avec un minimum de mots.
Ce livre peut être lu par des adolescents et introduire une discussion autour des violences intra-familiales, de la nécessité de parler, de ne se sentir ni jugé ni coupable.