Tous les Noirs se ressemblent
Des êtres tourmentés dérivent sous l’ombre symbolique de l’arbre éponyme, prisonniers de réminiscences persistantes et de désirs inaccomplis, en une brève évocation de la mémoire et du manque.
Préambule désabusé
À l’abord de Jacaranda, l’on pourrait nourrir quelque espérance diffuse, d’autant qu’il m’a été susurré que son auteur s’illustrait également dans l’art du slam — discipline où la profération poétique, vive et cadencée, règne en souveraine. Or, quelle déconvenue que de ne point retrouver, dans ces pages, la moindre efflorescence verbale, pas même l’ombre d’un souffle lyrique digne de ce nom.
D’une écriture dénuée d’ornements
La prose, d’une nudité déconcertante, ne connait aucune figure, aucun élan, aucune précieuse inflexion qui donnent au style quelque relief. Tout y paraît uniformément nivelé, comme si l’auteur s’était appliqué à proscrire toute hardiesse expressive. Le mot rare lui-même semble proscrit, et l’ensemble s’enlise dans une platitude languissante, que l’on pourrait qualifier de débilitante insipidité.
Dialogues et articulation déficiente
Les échanges entre personnages, loin de s’animer d’une verve quelconque, se révèlent étrangement raides, dépourvus de naturel comme de vivacité. Ils s’enchaînent sans cadence ni respiration, produisant une impression de facticité persistante, presque incommode. L’on peine à croire à ces voix sans timbre, qui semblent toutes issues d’un même moule atone.
Carence d’éclairage historique
Plus fâcheux encore, l’ouvrage, en abordant un sujet aussi grave que le génocide des Tutsis au Rwanda n’offre guère les clés nécessaires à sa compréhension. Le lecteur, laissé en déshérence, se voit contraint de quérir ailleurs — jusqu’à recourir à Gemini — les éléments les plus élémentaires pour appréhender le contexte. Une telle indigence explicative demeure une regrettable désinvolture.
Illusion et désenchantement
Enfin, ce qui pouvait passer pour un témoignage d’ordre autobiographique, tant les faits relatés semblent d’une profonde banalité, s’avère n’être qu’une fiction. Cette révélation, loin de rehausser l’intérêt, accentue au contraire un sentiment de vacuité : l’on se trouve face à une invention qui, faute d’ampleur et de souffle, subsiste étrangement quelconque.
Conclusion morose
Bref, cela laisse l’impression d’un ouvrage inabouti, dépourvu d’imagination, où ni l’art littéraire ni la substance ne parviennent à retenir durablement l’attention. L’on en ressort avec une lassitude diffuse, comme après une lecture qui, en dépit de son sujet potentiellement poignant, n’aura su ni instruire, ni émouvoir, ni même véritablement captiver.