J’ai aimé l’immersion dans la géographie et l’histoire américaines, ainsi que dans les sortilèges des rives du Mississippi moyen. En revanche, je suis resté assez insensible aux différents procédés employés par l’auteur pour donner à voir la réalité de James en contrepoint du Jim de Twain. Je dois même avouer que je me suis forcé à terminer le livre.
L’ouvrage est pourtant remarquablement écrit — et très bien traduit. Mais les incursions philosophiques, notamment du côté de Locke ou de Voltaire, m’ont laissé assez froid.
Je m’interroge sur les raisons de ce décalage. Peut-être le fait que Percival Everett soit afro-américain, et que l’Amérique contemporaine soit traversée par les tensions incarnées par le mouvement MAGA et son « agent orange », confère-t-il à ce roman une résonance particulière pour de nombreux lecteurs. Pour ma part, je cherche encore pourquoi ce livre m’a si peu ému alors même que le sujet qu’il aborde est, au fond, profondément terrifiant.