Cette maison de campagne est un chemin vers le paradis, un éden que Merel, une jeune femme blessée, tente de créer en apprivoisant la luxuriance des herbes folles. Un havre de paix après un parcours tourmenté. Nikki, la voisine tente de faire irruption dans cette réclusion volontaire. Et peu à peu des indices apparaissent qui semblent bien indiquer que le hasard n’est pas seul en cause dans cette rencontre. En alternance, Merel écrit. A Stan, un amour perdu dont elle reconstitue le chemin.
On connaîtra bien plus tard la raison d’une telle entreprise.
La malveillance rode autour de Merel, avec le personnage d’Anders, une ombre maléfique.Un autre récit s’insinue dans la narration, celui d’une quête des origines, puisqu’un drame a marqué les premières années de la jeune femme, occulté par le mécanisme de défense que constitue l’oubli.Les deux fils narratifs sont bien distincts, y compris sur la forme, les écrits de Mérel sont en italique et sont intitulés "pour Stan".
Tandis que l’histoire en cours est introduite à chaque fois par une note botanique, à propos d’une plante dont on retrouvera le nom dans le chapitre. Une jolie façon d’illustrer la passion des deux amants Stan et Mérel, qui a été à l’origine de leur rencontre.
J’ai pris un grand plaisir à parcourir cette histoire, très bien construite, de telle sorte qu’il est difficile de lâcher ce roman, tant on a à découvrir de cette histoire complexe. Un traumatisme initial, occulté mais agissant en sous-marin, une enfance ballotée en famille d’accueil, jusqu’à un accueil chaleureux, une passion dévorante, un prédateur, tous ces éléments prennent corps peu à peu pour faire la lumière.
Sans oublier une belle écriture, sans ostentation, et qui sait traduire les tourments d’un personnage que le malheur a forgé sans répit. Une bien belle découverte.