Teulé prévient dès les premières pages : il n'y aura pas de pitié dans ce roman. La violence et la mort y sont omniprésentes, la vie y vaut peu, les morts ne sont pas beaucoup plus respectés que les vivants. Le ton est cru, presque sadique, mais n'est pas Sade qui veut.
Si l'on est habitué aux exagérations de Teulé pour décrire le Moyen-Âge, cette debauche de violence gratuite, si elle se veut paillarde, est parfois mal avisée.
Notamment, il manque une raison. Pourquoi Villon devient-il coquillard ? C'est le moment où il bascule complètement, où l'on sent que le retour en arrière est impossible, où il renonce à la possibilité de l'amour, et ce choix n'est motivé par rien.
Teulé veut-il faire de Villon un maudit ? Un homme qui se revendique d'une liberté totale mais qui est en fait contraint par un péché originel, dès sa naissance ? Pour moi, c'est ici que la narration pêche, et la suite s'en ressent, étant une longue descente aux enfers ponctuée de Deus Ex Machina que sont les grâces des rois (même si elles sont avérées, elles sont largement réinterprétées).
Reste un roman qui se lit très bien, une verve truculente qui sert le récit, et le plus beau personnage du livre, cette ville de Paris, quelque part entre enfer et paradis, qui prend vie sous la plume de Teulé et nous régale de sa vie bouillonnante.