Qui est Romane Monnier ? C'est ce que se demande Thomas, qui a hérité par erreur (?) de son téléphone lors d'une soirée passée dans un bar. Lorsque la jeune femme lui signifie clairement qu'elle ne veut pas récupérer son téléphone et lui laisse même les codes pour le déverrouiller, le mystère devient entier pour ce père de famille célibataire. Et pour le lecteur par la même occasion !
En fouillant les conversations, les échanges de messages, l'historique internet ou encore les enregistrements sonores, Thomas mène une véritable enquête afin de mieux cerner Romane, et de comprendre pourquoi elle a pris cette décision (et tant d'autres !).
Ce fil rouge permet de maintenir en haleine le lecteur tout en permettant à Delphine de Vigan de parler de pleins de sujets connexes comme l'addiction au téléphone, le fait que toute notre vie puisse se trouver contenue dans un si petit objet, notre rapport aux autres, les faux semblants et les mensonges perpétuels que l'on se fait (à soi-même aussi).
Et puis il y a ces histoires intimes concernant Thomas et sa fille (et son passé) ainsi que Romane et ses parents (et son passé). On rentre aussi dans leur intimité et l'on cerne petit à petit leur personnalité et ce qui les amenés à faire certains choix.
C'est un sujet de roman bien amené, qui permet d'élargir les thématiques abordées et je dois avouer que De Vigan s'en est très bien sortie, sans jamais être réactionnaire ou absurdement nostalgique. le personnage de Romane a pu faire écho en moi, dans cette distance qu'elle ressent avec les gens et la vie moderne, loin de l'enfance insouciante.