Il est difficile de faire une critique de Jean le bleu, étant donné que c'est un récit autobiographique. On ne va pas s'amuser à critiquer le scénario ou le manque de suspens, ou encore l'absence de twist final.
Non, ce qu'il faut voir c'est la tendresse, ou, comme il le dit lui-même, la sensualité dont Giono est fait, et dont l'ouvrage lui-même est fait.
La tendresse à l'égard de sa mère, et plus encore de son père, dont on ne peut qu'imaginer la vertu, la retenue, la bonté et les silences.
La sensualité autant à l'égard de la nature que des femmes. Giono ne semblait pas pouvoir regarder une fleur ou une femme sans s'ouvrir, s'épanouir et sentir la vie couler dans ses veines.
Mais aussi l'humour, avec ces personnages incroyables de Madame-la-reine et Décidément qui semblent tout droit sortis d'un roman.
Et enfin l'intelligence. Car si Giono était un homme tendre et sensuel, c'était aussi un homme manifestement fin et particulièrement intelligent. Et les quelques pages (trop rares pages) évoquant la politique, la guerre et le patriotisme valent à elles seules de lire cet ouvrage.
Ce n'est donc évidemment pas le plus trépidant des ouvrages de Jean Giono, mais il semble que c'en soit l'un des plus incontournables.