J’ai personnellement découvert cet auteur avec le premier tome de la série « Blackwater », attiré comme beaucoup par la beauté de la couverture, et, en résumé, ce fut l’une de mes pires lectures.
Retrouvez ma critique à ce lien : https://black-word.over-blog.com/2023/11/blackwater-la-crue.html
Ainsi que ma reprise d'un des meilleurs passages du livre : https://black-word.over-blog.com/2023/04/la-crue-de-blackwater-de-michaella-mcdowell.html
L’histoire est celle de Philomela Drax, surnommé Philo, et sa vie misérable.
Se faisant rabaisser et moquer par Jewel, la fille Varley, menacée d’expulsion par Jacob, le père Varley, elle prend le temps de faire la fugace rencontre de Henri Maitland, cousin de Jewel, avant que n’arrive la providence.
La lettre de son grand-père Richard Parrock, prometteur d’une petite fortune, souhaitant être sauvé de sa belle-famille, les Slape, vivant avec lui dans la ferme familiale.
C’est alors que Philo, se faisant passer pour une bonne, va rencontrer Hannah Jepson, son mari John Slape et la fille de ce dernier, celle possédant un puissant don de vision ; celle pour qui est consacrée le prologue ; celle donnant son nom au titre du livre, Katie Slape.
Nous suivrons en parallèle la vie criminelle des Slape, faite de divinations, de soirées théâtres, de meurtre et de fuite.
Je m’étais d’est lors attendu à un huit clos, le reste du livre se consacrant à Philo et Richard Parrock luttant le plus discrètement possible contre le trio de tortionnaires.
Philo devant en apprendre le plus possible sur eux, devant se faire discrète, rodant la nuit en ce lieu inconnu, encourageant et soutenant son grand-père qui, de son côté, se retrouverait à lutter malgré l’âge tout en trouvant mille excuse afin de faire patienter les trois malfrats, pendant que ces derniers deviendraient de plus en plus soupçonneux, devenant plus attentif, se faisant menaçant face à la jeune femme mais enquêtant dans le secret sur elle, Katie devenant une véritable menace avec ses visions, décidant même de s’amuser avec leur bonne par pure sadisme au détriment de ses parents, pendant que, si l’on extrapole un peu, tous trois devraient faire bonne figure face au voisinage, alors que tout le monde pourrait craindre la réaction des personnes extérieurs encore en lien avec Richard ainsi que les divers employés travaillant à la ferme, dont certains pourraient soudainement prendre de l’importance, qu’elle soit positive ou négative, face aux enjeux.
Mais, comme avec « Blackwater », il n’en est rien.
Encore une fois, l’idée de base n’est pas faite pour durer. Ce passage à la ferme prenant fin à, à peine, un quart du livre.
L’histoire en elle-même semble intéressante mais perd, malheureusement, tout intérêt dans son exécution.
Tout particulièrement quand elle se consacre à Philo. Son quotidien oscille constamment entre malheur et bonheur, entre pauvreté et richesse, et il devient rapidement difficile de ne pas s’ennuyer. Surtout que cette protagoniste n’accomplit pas grand-chose d’important pour la trame principale et ne connait aucune évolution, se laissant simplement porter par l’histoire.
Cela se ressent bien moins du côté des Slape qui, eux, agissent au quotidien. Leurs discussions, leurs magouilles et leurs crimes, bien que beaucoup trop long, s’avèrent plus divertissants.
Mais c’est sans parler des fins de ces quatre personnages. Toutes plus ou moins décevante.
Pour revenir sur les personnages, Philo se fait voler et aider facilement, prouvant la teneur sa bonne âme à une ou deux reprises, ne connaissant qu’un moment de bravoure et de réussite qui s’avère rapidement oublié.
Katie Slape est, un peu, plus intéressante, agissant et prenant des décisions, même si leur impact est limité. Son histoire reste quand même plus intéressante avec Hannah Jepson, le cerveau caractériel du trio, et John Slape, le gros bras qui n’a aucun sens des responsabilités.
Le reste des personnages sont, pour la plupart, monolithique, certains étant très effacés et d’autres ayant un semblant de développement, sans oublier ceux qui s’avèrent être proprement ridicules. Comme la famille Varley.
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Je vous laisse ici un lien vers ma critique complète du livre, dévoilant l’intégralité de son contenu : https://black-word.over-blog.com/-0
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En conclusion, après cette, trop, longue critique, que dire ?
L’histoire et les personnages en eux-mêmes étaient à la hauteur de l’auteur et de son écriture. Très fluide et simple mais trop étendue, sans plus d’intérêt.
« Katie » ne m’a pas énervé comme l’avait fait le premier « Blackwater » mais ça ne vole pas bien plus haut. Je suis globalement déçu et j’en ressors avec une profonde lassitude.
J’ajoute que, d’après ce que j’ai entendu dire, les livres de Michael McDowell étaient loin d’être des succès avant que Pedro Oyarbide et Monsieur Toussaint Louverture viennent les prendre en main. Notamment avec les superbes couvertures des livres.
Cela étant, un bel emballage ne change pas une poignée de boue en une poignée d’or.
« Ne jugez pas un livre à sa couverture ! »
Je dirais donc simplement : gagner du temps et intéressez-vous à de bien meilleurs auteurs.
Adeline Dieudonne ; Éric-Emmanuel Schmitt ; Howard Phillip Lovecraft ; Agatha Christie ; Mary Shelley ; John Lang ; Hvedrung Laymore ; Terry Pratchett ; Dmitry Glukhovsky ; Pierre Boule ; Stephent King ; Eric Karwat ; Kei Wonder ; …