Khyber Pass de l'historienne Catherine Decours est un roman historique qui nous entraîne en Afghanistan au milieu du XIXᵉ siècle, en pleine première guerre anglo-afghane. le cadre est passionnant : une région d'une grande importance géostratégique, où l'Empire britannique, sûr de sa puissance, va pourtant connaître l'une de ses plus cuisantes défaites.
Étant grand amateur de l'Histoire de l'Asie centrale, je me suis plongé dans cette lecture avec beaucoup d'attentes.
Si j'ai apprécié l'ambiance, les descriptions et et le soin apporté au contexte géopolitique, le coup de coeur n'a cependant pas eu lieu. J'ai eu du mal à m'attacher aux personnages principaux plutôt antipathiques à mon goût, et plus encore à distinguer les secondaires les uns des autres, qui m'ont parfois semblé manquer d'épaisseur. L'intrigue amoureuse centrale, quant à elle, ne m'a pas réellement ému ; elle m'a même parfois agacé, freinant trop le rythme et mon implication émotionnelle dans le récit. Toutefois la dernière partie du récit m'a bien plus convaincu.
En revanche, le roman réussit à rendre palpable l'illusion coloniale britannique : cette conviction, arrogante et naïve, de pouvoir conquérir et administrer un territoire réputé indomptable depuis des siècles. le point de vue adopté, celui des colons, militaires comme civils, permet de donner une dimension tragique au récit. Notons également l'importance des femmes dans ce récit.
Même si je n'ai pas été totalement happé émotionnellement dans l'histoire de ses personnages, Khyber Pass fut tout de même une lecture dépaysante, un drame historique intéressant pour son cadre peu traité en littérature, et qui éclaire donc une page méconnue, mais déterminante, de l'histoire coloniale britannique.