Angelo Vasari, un réalisateur vénitien installé à New York, reçoit un appel de son producteur et ami Warren Interlegator : son film « Castor et Pollux » est sélectionné pour la Mostra de Venise. Cette annonce plonge Angelo dans une grande angoisse. Il a quitté Venise trente ans plus tôt pour échapper à la milice de Mussolini, qui pourchassait les homosexuels. Aller à la Mostra signifie réveiller un passé douloureux…
Ce premier roman de Thierry Brunello m'a passionnée pour plusieurs raisons. D'abord, le contexte historique (la montée du fascisme dans l'Italie de Mussolini) est bien posé, avec un va et vient constant entre les Etats-Unis de la fin des années 60 et la Venise des années 30. de plus, Venise occupe une place importante, et l'auteur décrit la ville à de nombreuses reprises. Ses descriptions sonnent juste et recèlent quelques pépites, comme ce « vacarme chuchoté » sur lequel je me suis arrêtée avec bonheur p. 194.
Enfin on sent que la structure du roman ne doit rien au hasard. Il est divisé en plusieurs parties qui pour certaines, adoptent un angle original. Ainsi le travail D Angelo chez Bacchus est présenté du point de vue d'un autre personnage. le lecteur apprend à la dernière ligne que c'est D Angelo dont il est question. (Castor et Pollux p. 63 à 67) Ailleurs, le texte se fait scénario de film. (Mise en scène p. 137 à 162) de même j'ai aimé le fait que le roman commence et se termine avec la neige qui tombe sur New York. Un moment d'une grande douceur, qui contraste avec la violence de certains passages.
Cette diversité stylistique maintient le roman en tension et l'intérêt du lecteur ne faiblit pas.
Bien sûr le thème des frères ennemis n'est pas nouveau. Mais la façon dont Thierry Brunello campe ses personnages, les donnant à voir dans toute leur complexité, la construction du récit, la qualité du style et des descriptions font de ce roman une lecture enrichissante et émouvante. Un très bon premier roman et un auteur à suivre.
Je remercie Babelio et les éditions De La Martinière pour l'envoi de ce titre, dans le cadre d'une Masse Critique Privilégiée.