Quand j'ai découvert par hasard l'Apothicaire en téléchargeant un extrait sur Amazon, j'ai été enchantée de voir qu'un écrivain avait pris entre autres comme cadre pour le déroulement de son récit la ville de Béziers avec ses habitants. Pour le reste, l'Apothicaire est un roman où le voyage est l'une des thématiques les plus fortes : France, du nord au sud, Espagne, Moyen-Orient, nos héros vont partout, et avec eux le lecteur voit du pays.
L'Apothicaire est un roman d'aventure, avec un léger soupçon de merveilleux, suffisamment bien dosé pour ne pas en faire un énième roman fantastique se déroulant pendant le Moyen-Âge. Notre personnage principal, du nom d'Andreas Saint Loup découvre chez lui une pièce non utilisée, vide comme si quelqu'un y avait habité auparavant. De fil en aiguille, on le retrouve sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, accompagné par son apprenti, poursuivi par différents ennemis qui pour certains chercheront à l'empêcher de parvenir au bout de sa quête.
Le roman souffre de quelques défauts minimes de mon propre avis. Andreas Saint-Loup, comme tous les autres personnages du roman est plutôt attachant, mais son profil psychologique reste assez caricatural : tout ne doit être que logique et raisonnement analytique à ses yeux, à tel point que ce qui lui arrive lui échappe jusqu'à la toute fin tant cela dépasse son entendement. De fait, l'intrigue royale dans laquelle il se retrouve empêtrée jusqu'au coup est carrément secondaire, et assez inutile au regard de son évolution. Elle finit même pas être simplement balayée dans la dernière partie du roman, sans que le lecteur n'ait un retour sur le roi et ses conseillers. C'est marrant, pas forcément indispensable. Enfin, mieux vaut le lire sur liseuse que sur papier, beaucoup de mots utilisés trouvent leur origine dans le vieux français, et cliquer dessus pour connaître leur signification est bien plus pratique que se balader avec un gros dictionnaire sous la main.
Pour autant, tout ce vocabulaire instructif ajouté à la narration omnisciente qui se rapproche de celle que l'on retrouve dans les contes donne une ambiance particulière au roman dans lequel le lecteur est très vite plongé. Les détails sont nombreux, tant au niveau des instruments de torture qui font assez froids dans le dos que dans les descriptions historiques bienvenues des villes visitées par les protagonistes. On retrouve également beaucoup de citations en latin provenant tout droit de la Grèce Antique, des différents Saints, et des explications au sujet de la gnose. En cela, le livre créé une sorte d'ambiance érudite qui démontre que Henri Loevenbruck ne s'est pas reposé sur ses lauriers pour construire son histoire. Enfin, il faut aussi noter le vocabulaire tellement grossier qu'il en devient drôle de toutes les prostituées croisées au court du récit.
L'Apothicaire fera une très bonne lecture de vacances, et s'il peut donner envie au lecteur de visiter certaines des villes explorées (oui, je pense encore à Béziers), ce serait un bon point.