Idee sympa à première vue d'avoir structuré le roman choral en analogie avec un arbre :
- les racines au début étant des longs chapitres,
..
- les feuilles à la fin ne sont plus que des paragraphes.
La lisibilité n en sort pas gagnante.
L'idée de fond est bonne, on apprend beaucoup de choses sur les arbres. Par ailleurs si les arbres ne nous intéressent pas il est recommandé de ne pas ouvrir ce bouquin.
Mais l'intrigue est trop maigre : une lutte entre activistes et
bucherons qui monte en puissance puis termine mal.
Le pathos du message écologique est mal géré (ou mal traduit?) et trop
répétitif, c est bien long (700 pages,de mémoire).
Les pensées de fond des personnages reprennent en substance les
messages d'alerte qu'on entend tous les jours mais en se focalisant
sur le thème des arbres et du vivant, j'ai trouvé que c était assez pauvre, en tout cas: peu original.
Des passages sont très ponctuels ou juste présents pour éblouir le lecteur,par exemple:
- Mi-Ma qui se rend compte que la carte dont elle a hérité est d'une
valeur inestimable (puis ca s'arrete là àmi roman,plus aucun contact avec ses sœurs non plus)
- Nick qui fait à la fin une sculpture avec des arbres morts,accompagné d un indien a priori
- le psy qui a un fils dont on nous parle essentiellement au moment où
il va en prison (pathos tardif)
- tous les passages avec le concepteur du jeu vidéo : ce personnage
n'amène rien à l'intrigue et globalement rien qui amène une réflexion
autre que : "la vie sur les écrans n'est pas la vraie vie"
A part pour cette jolie structure polyphonique, je suis très déçu par
ce roman mal écrit ou mal traduit.
Le roman n'est pas
à la hauteur de son ambition à mon avis, mais j'ai dû rater quelque
chose car aucune critique négative n'existe à cette heure.
Le meilleur est au début, jusqu'à la partie TRONC incluse,le reste est finalement bien chiant à lire.
Je pensais que Richard Powers était un très grand écrivain, je ne sais
pas si je retenterai l'expérience, si d'autres romans ("Le temps où
nous chantions") sont du même acabit ou si c'est écrit différemment. La polyphonie en arbre c est peut-être une contrainte trop forte pour réussir le principal: captiver le lecteur soit sur le fond soit sur l intrigue.